Réconcilier l'économique et le social

Faire de la formation professionnelle un réel sujet de dialogue social

Six mois après le lancement de la démarche collaborative en trois épisodes initiée par SECAFI et SEMAPHORES sur la réforme de la formation professionnelle et restituée dans nos colonnes, Traits d’Union consacre son numéro d’Eté à cette réforme d’envergure, porteuse de changements conséquents pour les salariés, les entreprises et les représentants du personnel. Rappelons que, dans le cadre de ce décryptage en trois temps, nous avions organisé, en septembre et octobre derniers, un sondage sur la perception de la formation professionnelle par les représentants du personnel, dont les résultats ont été présentés, en décembre, au cours du 1er épiso

L’enjeu est d’importance si l’on veut que la formation professionnelle devienne un sujet à part entière du dialogue social dans l’entreprise, comme l’ont fortement illustré les réponses à l’enquête réalisée par SECAFI : seuls 15 % des représentants du personnel interrogés s’estiment suffisamment outillés pour accomplir leur mandat sur ce sujet et 71 % considèrent que l’avis qu’ils ont émis n’a pas été utile au dialogue social dans l’entreprise.de de notre décryptage. Le 14 mai dernier, à l’Auditorium du Monde, dans le cadre du 2ème épisode, les négociateurs de la réforme et les directeurs des deux OPCA AGEFOS PME et OPCALIA ont confronté leurs points de vue lors de deux tables rondes. Enfin, à partir de la rentrée de septembre, dans le cadre d’une 3ème séquence, nous irons au plus près des entreprises et du terrain, via l’organisation de matinées-débats, articulées autour de deux objectifs : comprendre la réforme, d’une part, agir et définir les moyens d’action, d’autre part.

Et, pourtant, que de réformes engagées depuis 15 ans avant cette dernière, actuellement en discussion au Parlement ! Pour quels changements dans l’entreprise ? Trois sont plus particulièrement centraux :

  • Le système repose sur une obligation des entreprises de former, faisant de la formation un investissement pour développer le capital humain. A-t-on su se donner les moyens de cette ambition ?
  • L’approche mise sur l’individu, ce dernier devenant maître de son parcours professionnel, idée encore amplifiée dans le cadre du projet de réforme actuel, avec la refonte du compte personnel de formation, ce qui provoque de réelles interrogations quant à la capacité de tous à se saisir de cette opportunité. N’y a-t-il pas un risque de laisser de côté les salariés les moins aguerris ?
  • Prime est donnée à l’accord collectif pour définir un socle social adapté : est-ce respectueux du principe d’équité et ne risque-t-on pas de créer un système à deux vitesses ?

L’acuité de ces questions est exacerbée par la faiblesse des moyens accordés aux acteurs de l’entreprise pour se saisir des nouvelles dispositions de la réforme et les adapter, entre autres, aux nouvelles règles du dialogue social posées par les ordonnances Macron.

« Outre la nécessité de se former pour comprendre le nouvel environnement de la formation professionnelle, indique Jean-Christophe Berthod, Directeur associé chez Secafi, nous conseillons aux représentants du personnel d’articuler le débat sur cette thématique avec celui sur les orientations stratégiques et celui sur la politique sociale. » Le premier est l’occasion, en effet, d’établir une cartographie des métiers de l’entreprise en fonction de leur degré stratégique et de leur évolution probable. « Le lien que nous effectuons, poursuit Jean-Christophe Berthod, avec les compétences associées et les aires de mobilité déduites nous permet de recommander des orientations en matière de formation professionnelle larges et adaptées à l’entreprise. » Le deuxième ouvre la possibilité à l’expert d’entrer de plain-pied dans l’analyse des données fournies par l’entreprise concernant le taux d’utilisation des fonds de la formation, les modalités de gestion de la taxe d’apprentissage ou les relations de l’entreprise avec son OPCA, appelé à devenir OPCO (opérateur de compétences). « A l’issue de cette analyse, nous proposons des recommandations pour un meilleur suivi des actions de formation engagées par l’entreprise », complète Jean-Christophe Berthod. Car, avant toute chose, il importe de co-construire et de négocier les outils nécessaires, adaptés et pertinents au regard de la situation de l’entreprise pour y permettre le développement le plus large des compétences. « Nous conseillons de négocier le contenu de chaque accord, en partageant les bonnes pratiques issues d’autres entreprises et en faisant un retour d’expérience des accords existants. Cela concerne aussi bien la politique d’apprentissage et de recours à l’alternance que le plan de formation. »


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EDITO

ECLAIRAGE : Faire de la formation professionnelle un réel sujet de dialogue social

3 QUESTIONS A... 

L'INTERVIEW DE PIERRE FERRACCI, Président du Groupe ALPHA

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LES RENCONTRES SECAFI