Réconcilier l'économique et le social

Vu pour VOUS

Retour sur le Colloque Regards croisés sur les enjeux de santé au travail du 23 avril 2019, à Nancy


 

 

Comment appréhender les impacts des transformations numériques sur les conditions de travail des salariés ? Comment, au sein des entreprises et des organisations, réinventer un dialogue social plus à l’écoute des enjeux de santé au travail ? Retour sur le colloque Regards croisés sur les enjeux de santé au travail, avec Christine Hoch, directrice associée et membre du comité de direction de SECAFI, et Laurent Parisse, spécialiste des questions de santé au travail chez SECAFI.

Traits d'Union : Que retirez-vous des débats du 23 avril dernier ?

Christine Hoch : Sans doute, notre capacité à faire dialoguer des acteurs peu habitués à confronter leurs points de vue sur de tels sujets. Nous souhaitions identifier des champs précis de transformations actuelles, notamment autour de deux thématiques, la santé au travail et les rythmes et temps de travail et la santé au travail et les technologies et organisations. Nous avons réuni des acteurs reconnus dans ces domaines, ce qui a permis un échange particulièrement approfondi et enrichissant sur des pratiques innovantes.

Laurent Parisse : La réaction de la salle aux propos tenus par les intervenants tout au long de la journée a permis de pointer du doigt les fortes interrogations des salariés face à des évolutions encore mal maîtrisées. Au-delà, les acteurs se sont rejoints quant aux risques induits par une trop rapide transformation numérique sur la santé au travail, même si les moyens pour les résoudre divergent encore, entre une direction ou une organisation syndicale.

TdU : Quels sont les principaux attendus ?

Laurent Parisse : Le souci de mettre en place de vrais garde-fous pour préserver le plus possible la frontière entre vie privée et vie professionnelle…

Christine Hoch : … et ce, quelle que soit la génération. On parle beaucoup des Milléniaux mais, sur ce point, ils rejoignent les attentes des seniors, très attachés, nous l’avons vu lors des échanges avec la salle, à la mise en place d’outils visant au respect de la vie privée.

Laurent Parisse : L’autre revendication concerne le statut salarié, en lien, bien sûr, avec l’ubérisation. Là aussi, s’exprime un réel besoin d’encadrement pour préserver des acquis et éviter des dérives que l’on constate en Europe ou Outre-Atlantique. Enfin, dernier constat de poids, la nécessité de privilégier une transformation numérique utile à la réduction de la pénibilité, en particulier sur des postes industriels. Mais, et cela a été plusieurs fois souligné par la salle, il importe, face à des telles évolutions, de prévoir les capteurs et contrôles permettant de conserver la puissance de la main de l’homme sur la machine. D’où la notion de veiller à ne pas instaurer une usine déshumanisée.

TdU : Quelle sera la prochaine étape ?

Christine Hoch : Donner à voir ce qu’il se passe sur le terrain, dans les entreprises et les organisations, et permettre aux acteurs de mettre à plat les points saillants nécessitant une réorientation pour une meilleure performance sociale et économique.

Laurent Parisse : D’autant plus dans le nouveau cadre créé par la mise en place des CSE, avec le risque, largement souligné lors des échanges, d’amoindrir les sujets essentiels de santé au travail. Le rôle porté auparavant par le CHSCT doit, dans le CSE, être tout autant présent car la digitalisation et l’évolution des formes de travail continuent leur route et se préoccupent peu de ceux qui n’ont pu prendre le train en marche. C’est lors d’événements comme celui du 23 avril, qui donne la parole à tous, que l’on prend conscience de la nécessité de croiser les points de vue pour construire ensemble l’entreprise de demain.

 


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EDITO

ECLAIRAGE : La santé au travail a toute sa place au sein des CSE : Formez-vous !

TROIS QUESTIONS A... Luc Bérard de Malavas, Consultant et Juriste Secafi 

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