Réconcilier l'économique et le social

Pleins feux sur le N°36 de la Lettre du CEP, Centre Etudes & prospective du Groupe ALPHA

En Europe, la dégradation de la qualité de l’emploi, liée à l’émergence des emplois atypiques, est accentuée par le déclin de la syndicalisation et du taux de couverture conventionnelle.

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Les formes atypiques d’emploi atteignent des niveaux préoccupants en Europe. Dans les pays du Nord de l’Europe, le temps partiel représente une part considérable des emplois, entre 25% et 50% de l’emploi, et continue d’augmenter dans la plupart de ces pays. Alimentant un risque de pauvreté accru, il touche en grande partie les femmes. Parallèlement, les contrats courts, vecteurs de fortes instabilité et précarité, repartent à la hausse depuis la reprise économique dans les pays du Sud de l’Europe. Le développement de ces types de contrats temporaires remet en cause l’emploi, comme garant d’assurance et de protection à long terme pour les travailleurs. Enfin, l’emploi indépendant, qui représente près de 14% de l’emploi en Europe, poursuit sa hausse dans certains pays européens.

Cette progression des emplois atypiques participe de la dégradation globale de la qualité de l’emploi en Europe. Celle-ci est également intensifiée par le déclin de la représentation des intérêts collectifs des travailleurs européens. En effet, les taux de syndicalisation s’effondrent en Europe et les déréglementations des marchés du travail, qui s’accompagnent d’un démantèlement de la négociation de branche, mènent à la diminution des taux de couverture conventionnelle. Cette érosion est préjudiciable pour les travailleurs dans la mesure où la syndicalisation et la couverture conventionnelle permettent d’améliorer durablement les conditions de travail et la protection des emplois.

Il existe une relation auto-entretenue entre la hausse des emplois précaires et le déclin de la représentation collective des travailleurs.

D’un côté, la hausse des emplois précaires peut résulter du déclin de la négociation collective et de l’affaiblissement des syndicats.

De l’autre, comme les travailleurs atypiques sont faiblement représentés par les syndicats et couverts par les conventions collectives, leur multiplication mène de facto à la diminution des taux de couverture conventionnelle et des taux de syndicalisation en Europe.

D’où la nécessité de renforcer les capacités des syndicats à représenter les travailleurs atypiques et d’étendre les conventions collectives en vue de couvrir tous les travailleurs d’un secteur ou d’une catégorie professionnelle. Lorsqu’elle est pratiquée, l’extension des conventions collectives à l’ensemble des travailleurs d’un secteur ou d’une catégorie professionnelle est un moyen efficace de réduire les inégalités auxquelles les travailleurs atypiques et les travailleurs « stables » sont confrontés.

 

Pour lire l’intégralité de cette étude, cliquez ICI.

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EDITO

ECLAIRAGE : Dé-diésélisation ou la nécessité de miser sur des femmes et des hommes, des métiers et des compétences hors normes

TROIS QUESTIONS A... Charles Goedraad, Consultant Secafi 

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