Posté le Jeudi 14 mars 2019 |
Caroline Olivier |

[Digitalisation] Quel impact de la transformation numérique sur les emplois dans le domaine de la santé et du médico-social ?

Les « usages du numérique » constituent un élément majeur de la Stratégie nationale de santé 2018-2022 et le projet de loi MaSanté 2022, actuellement en examen au Parlement, propose d’aller encore plus loin sur un certain nombre d’items et ce, afin de « développer l’ambition numérique en santé » :
[Digitalisation] Quel impact de la transformation numérique sur les emplois dans le domaine de la santé et du médico-social ?

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  • Innover en valorisant les données cliniques.
  • Doter chaque usager d’un espace numérique de santé.
  • Déployer pleinement la télémédecine et les télésoins.

Nous avons bien entendu les « bénéfices » présentés en matière d’innovation médicale, de confort du patient ou de simplification administrative… Mais, les incidences en matière d’emplois, d’évolution des compétences, de besoin de formation, de conditions de travail et, plus largement, de santé au travail ne sont toujours pas, selon nous, aujourd’hui anticipées dans le secteur sanitaire et médico-social.

Cette expression s’appuie sur le travail que nous réalisons quotidiennement au côté des représentants du personnel sur les grandes problématiques du secteur de la santé et du médico-social et que nous pouvons citer, pêle-mêle, sans exhaustivité aucune : insuffisance des moyens, surcharges de travail, risques sur la santé physique et mentale, organisations déficientes, évolution des profils de patients/résidents non anticipée, sans occulter les difficultés d’accès aux soins pour certains habitants, comme nous le rappelle régulièrement l’actualité.

Nous appelons de nos vœux une gestion bien plus en anticipation des grandes évolutions que vont connaître ces secteurs au travers de la transformation numérique. En effet, par rapport à d’autres secteurs comme l’industrie et les services tertiaires, la France est en retard dans le domaine de l’e-santé, malgré le déploiement du plan Hôpital Numérique 2012-2017.

Et, pourtant, les domaines d’évolution sont aujourd’hui nombreux !

Sur l’année 2018, les projets développés par les établissements de santé portaient principalement sur le parcours patient, via les applications (38,5%) et les développements dans le domaine des objets connectés (29,2%). La robotisation arrivait en troisième position, avec 18,8% des projets, suivie par la réalité virtuelle (9,3%).

Mais, on pourrait également citer, par exemple, la Gestion organisationnelle et administrative, comme l’illustre la mise en place de portails patients, avec, entre autres, prise de rendez-vous on line - avec un impact sur le secrétariat médical et les équipes administratives -, les systèmes de diagnostic portable & Point of Care - avec un impact fonctions soignantes -, l’impression 3D - avec un impact sur les services de radiologie, de soins de suite et de réadaptation - et la Télémédecine, qui se décline elle-même en 5 formes : la Téléconsultation, consultations délivrées à distance ; la Téléexpertise, obtention d’un avis d’un ou plusieurs confrères à distance ; la Télésurveillance médicale, suivi et interprétation à distance de données cliniques ; la Téléassistance médicale, réalisation ou assistance à la réalisation d’actes de santé à distance ; la réponse médicale apportée dans le cadre de la régulation médicale.

Ces évolutions représentent certes des opportunités, mais également des enjeux à anticiper et des risques à prévenir pour les agents et salariés.

En termes d’enjeux, citons, par exemple :

  • La communication, la conduite du changement.
  • L’apprentissage, la formation : entraînement aux nouveaux gestes, pratiques, procédures, outils…
  • Les nouvelles organisations du travail.
  • La réorganisation de services.
  • La reconnaissance des compétences émergentes.
  • La création de nouveaux emplois.

Mais elles représentent aussi des risques, comme par exemple :

  • Augmentation de la charge mentale et cognitive, stress, surinvestissement.
  • Délitement du lien social : travail à distance induit par la télémédecine, accentuation de l'isolement, perte d'échanges informels et d'écoute relationnelle régulatrice.
  • Disparition de tâches, transformée en disparition de postes.
  • Productivité accrue : gain de temps transformé en gain économique et non réinvesti dans la relation humaine.

Avec quels moyens associés et pour quelle réelle destination ?

Nos préconisations

Nous proposons aux représentants du personnel de travailler à anticiper ces effets, car de la transformation numérique, émergeront des bénéfices pour le travail dès lors qu’elle s’accompagnera de plans de formation ambitieux et respectueux des conditions de travail de tous les salariés et agents de la fonction publique hospitalière.

Cette anticipation peut d’ores et déjà se réaliser en se posant des questions simples :

  • Pourquoi et comment mon établissement engage sa transformation digitale ?
  • Que fera-t-on des gains de productivité obtenus ? Seront-ils partagés?
  • Quelle est la maturité numérique de mon organisation ?
  • Les moyens alloués au projet sont-ils à la hauteur ?
  • Les salariés et leurs représentants sont-ils suffisamment impliqués ?

Cette anticipation doit se faire, à notre sens, suivant trois préalables :

  • Le droit à être informé de l'évolution de l'établissement à moyen terme.
  • L'exigence de qualité en termes de développement des compétences de tous les salariés.
  • La nécessité de penser d'abord en termes de travail et d'emploi.

Nous vous proposons de travailler, ensemble et en anticipation, sur ces sujets selon ces préalables qui nous semblent essentiels.

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