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Donner aux acteurs du marché du travail, aux professionnels de l’orientation et de la formation, aux jeunes et aux demandeurs d’emploi toutes les clés pour mieux comprendre les évolutions de l’emploi et des métiers : tel est l’objectif de la Prospective sur les métiers et les qualifications à l’horizon 2015. La dernière mouture de ces travaux confiés par le Premier ministre au Centre d’analyse stratégique, à la Dares et à Pôle emploi, a été publiée fin octobre. Tour d’horizon des principales conclusions de cette étude qui porte sur l’année 2009.
Les principaux enseignements
Même si la contraction de l’activité en France (-2,5% d’évolution du PIB en moyenne annuelle) a été moindre que celle de la zone de l’OCDE (- 3,3%), le pays a connu une « forte contraction de l’emploi », affectant notamment l’industrie, la construction et le secteur tertiaire marchand.
L’année 2009 traduit la plus forte baisse annuelle en nombre d’emplois depuis les cinq dernières décennies, soit - 232 000 pertes d’emploi. Ces dernières se sont concentrées sur le premier trimestre, la fin d’année traduisant une reprise de l’activité (+0,6% au 4e trimestre). Deux secteurs industriels ont bien résisté à la crise : l’énergie et l’agro-alimentaire. A contrario, l’intérim a été la grande perdante de l’année, avec plus du tiers des emplois intérimaires perdus.
Autre tendance forte : le nombre des offres d’emploi recueillies a baissé de 18% en un an. Parallèlement, les nouvelles demandes d’emploi enregistrées ont progressé de 9,8%. D’où, un indicateur de tension sur le marché du travail (nouvelles offres d’emploi collectées/nouvelles demandes d’emploi) très affecté : - 26% entre 2008 et 2009, contre -6% entre 2007 et 2008.
L’état des lieux de l’emploi selon les groupes de métiers
L’étude distingue trois grands groupes de métiers. D’une part, les activités les moins touchées par la crise, principalement des métiers du tertiaire. Il s’agit notamment des activités de la santé, de l’action sociale, culturelle et sportive ainsi que des métiers de services aux particuliers et aux collectivités. Pour quelles raisons ? « Traditionnellement peu sensibles aux cycles conjoncturels », assure l’étude, ces activités dépendent davantage de la démographie ou des usages de consommation, à l’image des professions d’aide à la personne, peu touchées par la récession.
Viennent ensuite les métiers fortement touchés, mais ayant rebondi en fin d’année, sans retrouver toutefois les niveaux d’avant la crise. On y retrouve les activités industrielles traditionnelles, telles que la mécanique, le bois ou l’électricité-électronique, ainsi que certains secteurs du tertiaire, comme les transports et la logistique.
Enfin, l’étude met en lumière les activités fortement atteintes, sans reprise en fin d’année : les métiers du BTP, de l’informatique, des télécommunications ou l’hôtellerie, la restauration, la banque et les assurances.
Les tendances structurelles
Elles sont à mettre en parallèle des travaux prospectifs à l’horizon 2015 par le groupe Prospective des métiers et des qualifications : « tertiarisation et féminisation des emplois, polarisation des qualifications », avec un constat fort : les personnes en emploi sont de plus en plus diplômées, quel que soit le niveau de qualification de la profession.