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Point de vue

Aéronautique : quelles mesures d'anticipation peuvent être encore prises ?

Traits d’Union : Le rapport issu des Etats généraux de l’industrie considère les évolutions récentes de la filière aéronautique comme inéluctables. Quelles mesures d’action préconisées vous semblent intéressantes ?

Dominique Sellier, Secafi : Suite aux Etats généraux de l’industrie, plusieurs propositions d’action ont été faites, nécessitant de fortes évolutions des secteurs industriels, notamment pour les industries de matériels de transport. J’en retiens une particulièrement séduisante, même si elle semble délicate à mettre en œuvre, et qui consisterait à « favoriser les facteurs d’industrialisation sur le territoire par des règles nouvelles dans les appels d’offres ». Cela permettrait d’éviter une désindustrialisation irréversible des territoires de l’aéronautique. Mais cela ne suffit pas. Il est indispensable que l’Etat, les régions et les industriels réfléchissent aux moyens de traiter sur le long terme les points faibles qui caractérisent l’aéronautique, dont des mesures de soutien de la supply chain. Cela passe notamment par des aides financières pour le passage au composite, la création d’un observatoire des veilles économiques des territoires, une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), mise en œuvre à l’échelon territorial ou dans le cadre de la branche professionnelle ainsi que par des plates-formes de transition professionnelle.

TdU : Quelle place donner aux autres acteurs de la filière ?

DS : Les organisations syndicales doivent pouvoir être impliquées dans ce processus de changement, avec une représentation des salariés qui s’étende au périmètre de l’entreprise étendue. Actuellement, ce sont surtout l’Etat et les régions qui s’impliquent dans un accompagnement de la restructuration de la filière. Il est indispensable que les donneurs d’ordres s’engagent davantage, notamment pour pérenniser l’emploi et le développement des compétences en Europe et qu’ils s’interrogent également sur la pertinence du modèle proposé en réfléchissant à des alternatives.

TdU : Le rapport des Etats généraux de l’industrie évoque clairement une nécessaire évolution des relations entre donneurs d’ordre et sous-traitants vers une relation de co-traitants. Qu’en pensez-vous ?

DS : Effectivement, cela me semble nécessaire et indispensable. Parmi les mesures d’action proposées, le rapport met en exergue des mesures qui existent déjà dans l’Aéronautique, comme, par exemple, la mise en place, avec AeroFund, d’un fonds financier pour la filière, avec participation des donneurs d’ordres pour aider à la recapitalisation des sous-traitants. D'autres propositions doivent être soutenues comme la refonte des relations donneurs d'ordres-sous traitants grâce à des contrats d'engagement sur des durées longues (3 à 5 ans) et des chartes de bonne conduite, ou comme surtout l'intégration de règles nouvelles dans les appels d'offres favorisant tout facteur d'industrialisation sur les territoires.

Un médiateur dédié à la sous-traitance

C’est une des 23 mesures décidées à l’issue des Etats généraux de l’industrie : créer une fonction de médiateur de la sous-traitance. Depuis le mois de mai 2010, les entreprises peuvent saisir ce médiateur qui vient d’être nommé par le ministre de l’industrie. Il s’agit de Jean-Claude Volot, ancien collaborateur de René Ricol à la médiation du crédit.

Son rôle consistera à améliorer les relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants en assurant une médiation individuelle ou collective. Il remettra chaque année un rapport des signalements reçus, des constats opérés et des solutions trouvées ainsi que des propositions d’amélioration. Un document qui sera public.


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