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Le Groupe ALPHA était présent au sein de la délégation de la Confédération syndicale internationale (CSI) à Cancún, lors la dernière conférence annuelle des Nations-Unies sur le changement climatique. Organisée du 29 novembre au 10 décembre 2010, elle s’est clôturée par la signature d’un accord approuvé par tous les Etats, à l’exception de la Bolivie. Texte de compromis, cet accord témoigne des efforts entrepris par les 194 pays signataires de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique pour préserver le multilatéralisme onusien et rompre avec le défaitisme, né de l’échec de Copenhague.
Le contexte : pourquoi le Groupe ALPHA ?
En 2009-2010, le Groupe ALPHA, à la demande de la CFDT et de la CGT et conjointement avec Syndex, avait mené une étude pour le Ministère de l'Ecologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer sur les impacts sociaux en termes d’emplois et de compétences induits par la mise en oeuvre des politiques et mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est à ce titre que le Groupe a été sollicité par les syndicats français présents au sein de la délégation de la CSI, ces derniers estimant que, dans un cadre tel que la Conférence de Cancún, le Groupe ALPHA leur apporterait une expertise technique et des conseils dans leur positionnement.
Quel peut être l’apport de Secafi et du Centre Etudes & Prospective (CEP) du Groupe ALPHA dans le domaine du changement climatique ?
Entré en vigueur en 2005, le Protocole de Kyoto a déjà entraîné un certain nombre de conséquences économiques et sociales au niveau de l’Union Européenne. 11 000 installations industrielles des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES) sont soumises à des quotas d’émissions de CO2. 10 % environ des installations concernent des entreprises françaises qui ont ainsi été amenées à intégrer cette limitation dans leurs décisions stratégiques. Elles choisissent notamment entre investir dans la R&D ou dans de nouvelles machines, en vue d’augmenter leur efficacité énergétique, ou délocaliser vers des pays non soumis à ces contraintes environnementales. Ces choix contribuent aux mutations économiques et sociales des territoires, avec des conséquences majeures sur la vie des salariés, en termes d’emploi, de formation, de conditions de travail... Secafi intègre de plus en plus souvent les questions climatiques dans ses missions de conseil et d’expertise auprès des comités d’entreprise. En tant que conseil aux CE et aux CHSCT, l’expert est naturellement amené à vulgariser ces notions et tout ce que cela implique en termes de dynamiques sectorielles de l’économie, d’emplois à transformer et à créer demain, d’évolution des conditions de travail, etc. Car, au même titre que la diversité ou l’égalité hommes/femmes, Il importe que les thématiques climatiques et écologiques deviennent un enjeu de dialogue social. Toutes les parties prenantes doivent se doter des outils et des moyens nécessaires. Les syndicats et les IRP ont évidemment un rôle à jouer. Les enjeux climatiques soulèvent des questions techniques, politiques, économiques, sociales nouvelles. Le besoin d’expertise technique est grand et les réponses encore en construction. Partout dans le monde, le mouvement syndical cherche à participer à l’élaboration de ces réponses techniques et politiques pour mieux en comprendre et en anticiper les conséquences sociales.
Quel bilan de Cancún ?
Le mouvement syndical a su montrer qu’il avait un rôle essentiel à jouer pour accompagner ces mutations et faire en sorte que la Conférence internationale ne se limite pas aux seuls défis environnementaux, mais qu’elle s’inscrive dans une dynamique plus large, incluant les volets économique et social. Cancún représente une victoire pour les syndicats qui, en se structurant au sein de la CSI et en redoublant d’énergie, ont su imposer la réintégration de la transition juste et du travail décent dans le texte de référence. Pour la prochaine Conférence, le mouvement syndical travaille à opérationnaliser la transition juste. À ce titre, il peut notamment s’appuyer sur les retours d’expériences des syndicalistes qui oeuvrent sur le terrain à influencer la stratégie de leur entreprise. En accompagnant les instances syndicales françaises et européennes dans ces prérogatives, le Groupe ALPHA contribue à faire du changement climatique un enjeu de dialogue social.